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 all's fair in love and war. (felicity)

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MessageSujet: all's fair in love and war. (felicity)   Jeu 12 Jan - 0:37

Il y a toujours ce moment de flottement, lorsqu'il ouvre ses paupières. Suspendu entre le sommeil et l'éveil, son esprit peine à se reconnecter à la réalité. A sa triste réalité, déplorable, médiocre, tout ce que Liam a toujours haï et méprisé, ces gens d'en-bas dont il s'est tant moqué à l'aide de ses sourires condescendants qui puaient les insultes et sa façon de se jouer d'eux en les faisant courir après le fric, petit roi sur son trône. Lorsqu'il se réveille, encore bercé par Morphée, des relents de boisson ou des courbes féminines lovées contre son corps (voire les trois à la fois mais malheureusement pas pour cette fois), il est bercé d'illusions, du champ des possibles. Et si... Et si tout ça n'était qu'un rêve ? C'est ce qu'il fantasme pour une poignée de centièmes de seconde avant que le retour à la réalité ne s'opère, brutal, plus encore qu'un uppercut en plein coeur. Nope, il a vraiment tout perdu. Plus de propriétés partout, plus de bacchanales débridées, plus de gouvernante slave à baiser, de restaurants gastronomiques et de fric à cramer aux quatre vents. Il en est fini des oeuvres d'art, des bouquins, et même de son putain de job et tout ça, ça le mine. De grand matin, Liam se mue chaque jour en homme amer, pétri de frustrations et d'une colère froide qu'il dissimule au sein de ses sourires reptiliens. Mais putain, ça fait mal. Parce qu'il devrait être le roi du monde et surtout le dieu de cette ville de ploucs et qu'il est là, à la botte d'une nana insupportable dont les effluves sucrées et vaporeuses lui donnent des envies dingues. Qu'elle se garde bien d'assouvir, bien entendu, ingrate devant l'éternel. Douloureusement conscient de nouvelle condition et par conséquent, parfaitement éveillé, Liam s'extirpe d'entre ses draps de coton égyptien, un énième caprice à sa promise, et glisse de sa démarche paresseusement féline jusqu'à la douche car il est pire qu'une femme. Liam, il s'aime et ne s'en cache pas. Il aime ce corps sculpté, ciselé par des mois de travail intensif à la salle de sport, perdu entre ces abrutis sous stéroïdes, il aime son visage séduisant de gentil garçon qui dissimule ses canines acérées derrière des fossettes ravageuses et surtout, il aime ce qu'il est devenu, lui revenu de si loin. Revenu de la leucémie, de la maigreur cadavérique, du teint jaune, cireux, et de la mort. Car il est invincible, Liam, sa volonté de puissance est plus forte que la tienne et même la faucheuse plie devant son magnétisme. C'est ainsi. C'est ainsi et ce n'est pas une raison pour un destin maladivement jaloux de s'acharner sur sa personne, de détruire méticuleusement sa vie après avoir tenté de bousiller jusqu'à ses cellules sanguines.

Liam sort enfin de la salle de bains, guidé par les effluves délicieuses qui s'échappent de la cuisine ouverte. Faussement négligé, vêtu seulement d'un boxer qui laisse très peu de place à l'imagination, il se promène à l'intérieur avec la démarche royale d'un empereur romain, menton relevé et démarche calculée, conquérante et un rien lascive. Il a le pas du prédateur, Liam, la souplesse de l'escrimeur et les foulées d'un général galvanisé à l'heure de la victoire. C'est de cette façon, qu'il pénètre sur les terres partagées d'une pièce commune, dans un espace de vie pourtant savamment délimité. Mais lui, il s'en moque des pièces dévolues à Sita. Il les colonise, l'air de rien, muni d'une décontraction à toute épreuve jamais feinte, le sourire goguenard et l'insolence d'un petit roi déchu sagement vissés sur ses traits affables. Plaisants, lorsqu'ils ne se montrent pas désastreusement irritants. Elle est de dos, sa tendre fiancée, et il se fait furtif pour la rejoindre, accentuant bien malgré lui son esquisse présomptueuse, celle qui donne envie de dévorer ses lèvres de baisers ... ou tout court, selon les contextes. Elle s'affaire en cuisine et il avance, rythmé par les mouvements secs, saccadés et, il l'imagine, tranchants du couteau qu'elle abat. Lentement, précautionneusement, avec une soif de provocation qui vibre sous sa peau, Liam vient la frôler, l'effleurer, sans jamais la toucher franchement. Il la coince entre lui et le comptoir, glissant nonchalamment un bras musclé, tendu à souhait, de chaque côté d'elle. « Bonjour Felicity. » ronronne-t-il tout contre son oreille, le souffle chaud et la voix basse, démangé par le sourire de petit con qui menace de fleurir à ses lèvres. Ce n'est pas sa faute, pas tout à fait, Sita attise ses pires travers. A ses côtés, il cultive une image fausse de lui-même, réductrice, celle de l'américain moyen, fier (il l'est) et un peu beauf (il l'est nettement moins), pour le simple plaisir de la voir bondir. Elle est toujours plus délicieuse, quand elle vrille. Ponctuant son entrée à la manière, il lui vole un baiser, laissant à ses lèvres le soin de goûter à sa nuque. Il embrasse l'épiderme tendre et tiède à souhait qui protège sa carotide qu'il sent déjà palpiter. Si ça lui plaît ? Oui. Si ça l'excite ? Plutôt, en effet. Mais ses yeux avisent le couteau toujours fermé entre ses griffes et Liam suit les gestes de l'hispanique de loin, convaincu qu'une plaie à l'arme blanche serait du plus mauvais genre sur sa peau dorée exempte de défauts. Comme tout prédateur qui se respecte, il est prudent, et comme aux échecs, il recherche le coup d'avance. Toujours. « Que me prépares-tu de bon, mi amor ? » Il se fiche gaiement de sa tronche, Liam, en massacrant plus que de raison l'espagnol, une langue qu'il a pourtant apprivoisée avec une aisance déconcertante en Europe mais qui ne l'a jamais intéressé. Lui, il apprécie le français, le russe, des langues riches et poétiques, appréciées des gens de valeur aux portefeuilles bien garnis. L'espagnol, c'est d'un vulgaire, et il ne manque jamais une occasion de rappeler à Sita combien tout ce qui n'est ni américain, ni européen, ne trouvera jamais valeur à ses yeux élitistes. Il persiste à coloniser son espace, à envahir leur zone démilitarisée, et s'il n'est ni hostile, ni agressif, il sait que le mielleux maîtrisé de sa voix subversive suffit à faire naître en Sita l'envie de prendre les armes, de former une guerrilla qu'il ne craint pas. Parce qu'entre eux, c'est la méfiance d'une armistice qui règne : ils ont trop à perdre. Liam, une fortune, elle, la chance d'une vie en Amérique. Car Liam n'a pas réellement mauvais fond, mais ce qu'il sait éprouver, en revanche, c'est une rancune tenace, vengeresse. S'il n'a pas hésité à prouver (vidéo à l'appui) les tendances homosexuelles de son ancienne fiancée lorsque celle-ci l'a honni, il en fera de même avec Sita, si jamais elle tentait de mettre un terme à leur petit arrangement contractuel. Et il serait le premier à admirer son glorieux petit cul être bouté hors de son eldorado, un large sourire cynique aux lèvres. Alors ouais, entre eux, c'est la guerre civile assurée : des perdants, seulement des perdants, dans une destruction mutuelle assurée. C'est la raison pour laquelle, s'ils ne font malheureusement pas l'amour, ils ne font pas tout à fait la guerre. Tout juste testent-ils leurs armes affûtés, pour le plaisir. C'est ce besoin de distraction, de flammes pour lui roussir les poils, qui pousse Liam à rester ainsi, proche d'elle, trop proche d'elle. Il ne la touche pas, mais la distance entre eux est dérisoire et il se plaît à entraver ses mouvements, à piétiner son intimité en même temps que les notions de décence. Et, comme il est venu, il se retire pour s'accouder négligemment au comptoir et lui faire face, ses prunelles acérées, pénétrantes, dardées sur son visage de poupée. « Tu sais de quoi j'aurais envie, au petit dej ? » Son regard coule lentement sur ses courbes, comme s'il avait le pouvoir de la déshabiller du regard. Ce n'est pas le cas, mais il sait mieux que personne distiller habilement une certaine forme de tension, faire ses opales d'un bleu électrique, pesantes. Et le sourire carnassier, en coin, qu'affichent  ses lèvres ne ment pas : ce dont Liam a envie, c'est d'elle. Exactement comme ça. Il l'imagine, pendant un bref instant qui l'électrise, contre le comptoir, cambrée juste comme il faut pour l'accueillir, il se figure la chaleur de son dos contre son torse à lui et, enfin, ses doigts avides cramponnés à ses hanches. Ouais, ça, ça le brancherait. Mais Escobar, c'est une putain d'emmerdeuse et même si elle en crevait d'envie, jamais elle ne s'abaisserait à ça, à lui comme si ses standards de princesse sur qui tout le monde passe s'élevaient brusquement lorsqu'il entrait dans l'équation. Si c'est injuste ? Parfaitement. Mais Liam, qui s'ennuie de tout, aime la difficulté... jusqu'à ce qu'elle aussi, le lasse.
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MessageSujet: Re: all's fair in love and war. (felicity)   Lun 16 Jan - 22:23


and what a foolish girl you were,
to put your heart in the lion's mouth
then cry when he swallowed you whole.

Elle n'aimait pas réellement cela, au pays, le calentado au petit-déjeuner. Par définition, il s'agit de restes, et Sita la frénétique, Sita claquement-de-doigts, elle est partisane du balancer aux ordures et recommencer à zéro. Valable pour la bouffe, la vie, les gens. Ici, tout est différent. A travers le kaléidoscope de l'étrangère, sa propre culture lui parait fascinante, exotique, car déformée. Elle a besoin de goûter aux saveurs que son propre ennui lui a longtemps rendues insipides. Et par 'ici', elle n'entend pas l'oncle Sam, mais Redcliff. Cette crevasse oubliée du soleil, la boursouflure humaine au milieu du désert. Trop éloignée de la civilisation pour que le vingt-et-unième siècle n'ait jamais réussi à s'y traîner. Et si elle cherche désespérément à obtenir une green card, Sita n'en est pas moins américanophobe. Après tout, elle est une femme du monde, éduquée, polyglotte. Apprécier le pays ne serait rien de moins que de l'ignorance. Elle ne voit absolument pas le paradoxe dans ce fait, car lorsqu'on vit baignée dans les contradictions, elles perdent de leur absurde. Les USA, dans le plan originel, elle ne comptait jamais y mettre le bout de ses escarpins. Parce que San Francisco, Miami, NYC, La Nouvelle Orléans, les métropoles qui ne ferment jamais l'œil, elles n'ont rien de véritablement gringo. Elles sont apatrides, elles aussi. Elles appartiennent à tout le monde, elles mangent coloré, parlent espagnol, français, arabe, japonais. Ça l'amusait tellement d'entendre el pendejo lui répéter ô combien le castillan est grossier, alors qu'il vivait sur Sacramento Street, dans le quartier de Presidio Heights, à San Fucking Francisco. Il n'a jamais perçu l'ironie, l'idiot, et elle s'est bien gardée de la mentionner. Dios sait qu'il est acharné dans son besoin de contredire, de prouver faux, d'enfoncer son arrogance dans la gorge de quiconque voudrait démentir. Le seul moyen de conserver une victoire, c'est qu'il ignore avoir perdu. Défaut de communication volontaire, c'est bien le moindre des dysfonctionnements de leurs fiançailles. Un départ réjouissant pour les trois années de cohabitation maritale qui les attendent. Elle déglutit. La seule perspective de sa présence marécageuse autour d'elle pendant encore trois ans fait se serrer ses doigts autour du manche du couteau. La coriandre n'offre pas grande résistance, mais elle intensifie tout de même la force du hachement. Les coups pleuvent et les feuilles pleurent. Sita les fait charpie, poussière, car il faut bien passer la frustration sur quelque chose à défaut de quelqu'un, et tant qu'elle s'en tient aux herbes aromatiques, elle ne risque pas la déportation. Avec délice, elle se saisit de l'avocat sur la planche à découper, et fait lentement glisser le couteau le long de la surface, fendant la peau tendue. Elle savoure, prend son temps, imagine Wilder allongé nu sur le plan de travail, à la merci de la lame, et lorsqu'elle plante la pointe du cuchillo dans le noyau, c'est son cœur qu'elle perce et fait délicatement tourner, jusqu'à ce qu'il ne se détache de sa poitrine dans un 'pop !' satisfaisant. Si ça n'a jamais été l'idylle entre eux, pas même l'entente, elle éprouve une fraîche bouffée de haine à son encontre ce matin. Lui qui semble ignorer ce qui est bon pour lui, qui prend un plaisir salace à mettre les pieds là où il n'a pas le droit d'errer, à déposer ses empreintes poisseuses sur ce qui n'appartient qu'à elle. Sita croyait que le trouver allongé en travers de son lit était suffisamment intrusif. Que c'était le pinacle du piétinement de son intimité. Quelle naïveté. C'était avant qu'il n'aille s'étaler dans son sommeil. Dans ce fantasme là aussi, il est nu. Dans ce rêve là aussi, il est potentiellement allongé sur le plan de travail. Le couteau s'abaisse dans la chair molle de l'avocat. Elle est pragmatique, Sita, elle est rationnelle. Elle sait que cela n'a aucune importante subconsciente, qu'elle n'éprouve aucun sentiment de luxure pour lui, que son corps autant que son cerveau ne ressentent rien d'autre que du dégoût pour lui et tout ce qu'il représente. Que cela n'est rien d'autre qu'un message de son corps élastique qui se tend, s'ennuie, s'impatiente, et a apposé sur le désir le visage masculin le plus familier de la mémoire récente. Qu'elle est simplement trop seule depuis leur arrivée ici. Son lit se plaint, réclame être défait. Rien de plus, se répète-t-elle. Rien de plus et pourtant, les extrémités de ses doigts veulent se venger de cet affront, le trancher lui aussi pour lui apprendre à s'immiscer sous ses paupières.

Alors que le huevo frito grésille tranquillement dans la poêle, que le riz mijote dans le wok, alors qu'elle coupe un poivron rouge en se faisant violence pour ne pas songer à l'aspect anatomique du légume – elle a peur que la pente soit glissante et Dieu sait qu'elle est déjà dangereusement bien trop proche du meurtre sans l'associer de surcroît à l'apaisante activité qu'est cuisiner - lorsqu'il entre. Elle jurerait qu'avant le bruit, c'est l'odeur qui l'en alerte. Elle le flaire, Liam, rendue animale par sa présence, sans savoir qui de la proie ou du prédateur elle est supposée incarner. Lui - borné, binaire, macho - ne semble pas douter une seconde de son rôle. Et si elle le laisse s'approcher à ce point, alors que sa colonne vertébrale frémit sous l'assaut, alors que ses cellules se crispent sous la puissance de la répulsion, c'est car elle a appris qu'avec les hommes dans son genre, l'indifférence est la meilleure des défenses. Sita reste stoïque, s'affaire sur son poivron, les doigts aussi serrés que la mâchoire. Réalise un effort surhumain pour comprimer l'instinct qui lui hurle de se retourner, de le repousser, de lui agiter son couteau sous le menton. Il y a d'abord Felicity, suivi de mi amor, et l'un comme l'autre lui donnent envie de hurler. Ses omoplates, cherchant instinctivement à le fuir, se font creuses, poussent sa poitrine en avant dans une tentative d'insérer une bienvenue couche de vide entre leurs deux corps. Ce qui fonctionne, l'espace d'une seconde. Jusqu'à ce qu'el pendejo l'embrasse. Pudrete en el infierno. "Vêtements," siffle-t-elle, ravalant la marée d'insultes qui lui baigne la langue. Elle avait pourtant été claire. En territoire commun, elle prohibait la nudité. Ses dollars, son ranch, ses règles. Tragiquement, dans le jeu du chantage, il a ses armes lui aussi, et se montre moins docile chaque jour qui s'écoule. Il se rapproche chaque fois un peu plus, et elle a peur du jour où ses doigts à elle rencontreront sa gorge à lui. Elle a peur de savoir s'ils se serreront autour de sa trachée ou bien s'en iront explorer les clavicules. Bien sûr, il faut que ce soit ce moment là que choisisse Liam pour entrer dans son champ de vision. Toute cette peau nue en display, vulnérable, si facile à perforer - ou mordre.  Et quand il pose sa question, l'indifférence n'est plus une option. Elle a seulement le choix entre vomir sa bile dans l'évier ou renvoyer l'offensive. Lentement, elle se tourne, lui fait face. Une main autour du manche du couteau, l'autre, paume ouverte, sur laquelle repose le plat de la lame. "Non, je l'ignore." Le ton est neutre, presque ingénu, mais le métal scintille dans ses yeux. La lueur du challenge qui lui susurre ose, vas-y, ose.  Elle est curieuse, Sita. Elle se demande jusqu'où il pense qu'elle est capable d'aller, jusqu'à quel point il a peur d'elle. Car ça, là, leur chasse, leur guerre, leur ménagerie, elle a de beaux jours devant elle. Plus d'un millier, en réalité. Elle a fait le calcul. Et ils le savent tous les deux, elle en est sûre, que le perdant sera celui qui finira par tressaillir devant les canines de l'autre.
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