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 can you make it feel like home (yeraz)

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MessageSujet: can you make it feel like home (yeraz)   Sam 17 Déc - 19:59

Malgré sa concentration, Daisy est nerveuse. C'est la première fois qu'elle se surprend à contempler sa montre alors qu'elle est en plein cours et elle réalise que parfois, jouer la comédie n'est pas suffisant parce que la vie, la vraie, rattrape son existence faite de répliques alambiquées et de tragédies qu'elle n'espère que sur papier. Daisy joue à merveille la comédie mais étrangement, elle en refuse catégoriquement les sensations, les émotions et préfère en éluder les symptômes, fermer les yeux si fort qu'ils lui font mal. Et malgré son talent pour le déni, elle ne fait pas illusion. Daisy se révèle juste tête en l'air, assez pour subir l'enivrement d'une pièce qui la transporte, d'un rôle qui l'habite mais pas suffisamment pour s'estomper derrière un personnage plus vrai qu'elle, plus courageux aussi. Son coeur lourd, strié de bleus, l'empêche de se mouvoir et la cloue au sol. Elle essaye, Dee, elle essaye de plaire à Grant, de flirter son chemin en-dehors des problèmes mais ça ne fonctionne pas et le rôle qu'elle doit jouer lui semble beaucoup trop près d'elle, de ce quatrième mur derrière lequel se cachent les acteurs. A chaque ligne qu'elle expire entre ses lèvres pleines, Daisy imagine Toby comme seul récipiendaire de ses répliques caustiques et ça fout tout en l'air. Grant lui-même, roi magnanime, lui reproche son inattention et bien qu'elle essaye, elle peine à composer avec un rôle qui aujourd'hui l'accable et la noie dans le pétrole de tout ce qu'elle tait, de tout ce qu'elle élude. Une marée noire brûlante, emplie de lui. Toby et ses confessions qui font mal, son agressivité à peine voilée, ses blessures à vif et ses propres maladresses, sa désinvolture cruelle et ses peurs paniques qui foutent tout en l'air quand bien même Daisy prétend le contraire. Car c'est ce qu'elle fait de mieux, mais elle n'est jamais dupe et celui qui le réalise toujours, c'est Yeraz. Celui qui, privé de vison, voit pourtant mieux que tous les autres réunis, elle incluse. C'est lui, qui lui demande simplement si ça va dans la pénombre des coulisses et Daisy réalise que la réponse la plus sincère, ce serait un non. Un non ferme, franc et massif, un mot qu'elle déteste et qu'elle utilise rarement parce que Dee, elle est oui. Oui à tout, aux opportunités, aux aventures, aux idées folles, le oui de l'entrain, de l'enthousiasme, le oui de l'insouciance qui refuse de grandir, de mûrir. A la place du non qui gronde au creux de sa gorge, elle se fend d'un sourire un rien faiblard et élude d'un entrechat. « T'as quelque chose de prévu, tout de suite ? »

On pourrait aller chez toi... a suggéré son timbre câlin qui n'a pourtant rien d'anodin parce que c'est une forme de message codé. Ils évoluent dans des sphères différentes, dans des univers parallèles qui n'entrent en collision que lorsque les circonstances l'exigent. Quand il se sent seul, quand elle est triste ou inversement, dans des parenthèses qui sont précieuses car éphémères. Et c'est là qu'elle est venue trouver refuge, Dee. Chez Yeraz. Parce qu'elle ne sait pas que faire de ce coeur trop lourd qui refuse d'être muselé, muet et qui chante si fort qu'elle en a le tournis. Elle a la sensation que Toby en a dérobé des lambeaux en l'écorchant et que sans lui, sans cette pièce manquante, l'ensemble est dissonant. Dysfonctionnel. Daisy, elle est parfois prodigieuse mais elle est souvent pathétique à se préserver si fort en se croyant libre, en se mentant si bien, depuis si longtemps, qu'elle est incapable de coller des mots sur ses maux. Et Yeraz, il y arrive toujours. Il est nimbé de cette aura empathique qui ressent, qui démêle, qui apaise et Dee, elle devrait se sentir coupable d'en abuser, de désirer la chaleur de sa peau contre la sienne comme un pansement de l'âme. De l'utiliser, même sans arrières-pensées, sans le savoir. Mais l'égoïsme qu'elle porte en elle est aveugle, lui aussi : il se sert et comme il offre en retour, il imagine que ça ne fait rien. Parfois, Daisy est frappée par des instants de lucidité qui ne durent jamais, c'est le pouvoir du spleen : elle ne le comprend pas, mais il lui maintient les yeux grands ouverts sur elle-même. Sur ses erreurs et son absence de délicatesse, que son corps a dévoré au détriment de son caractère, frondeur. Allongée sur le canapé, sa tête reposant sagement sur les cuisses de Yeraz qui lui caresse les cheveux d'une main, Daisy reste longuement silencieuse, songeuse. De la pulpe de ses doigts, elle caresse distraitement la peau tendre du poignet posé sur son ventre, avide du plus petit contact. « Tu crois que je suis une mauvaise personne ? » Daisy, elle livre le fil de ses pensées de son timbre qui enivre, de cette voix de miel faite pour les mots doux, les feulements, pas pour les doutes. Elle se redresse souplement pour dévisager Yeraz, à la recherche d'une réponse qui lui échappe, une moue troublée peinte sur son visage de poupée. « Parfois, quand j'y pense vraiment fort, j'ai l'impression de faire du mal autour de moi. Je le réalise rarement, jamais à temps, et je ne le fais pas exprès. Mais je le fais quand même. » Daisy, elle aimerait être de ces filles douces et tendres, bienveillantes, celles qui ne commettent jamais d'impair et luisent de l'aura des madones. Elle aimerait calfeutrer ses imperfections et transformer son brouillon inconstant de fille du vent en un joli tableau. Mais Dee, elle n'a aucune patience, elle préfère l'action à la réflexion, le concret à l'abstrait, dévorer la vie de ses canines, à pleines dents. A mesure que les mots s'échappent de ses pulpeuses, Daisy s'anime dans un ballet qu'elle connaît sur le bout des doigts. Elle sent ses tempes qui vibrent, sa carotide qui palpite et ce palpitant enchaîné qui ferme les yeux et se couvre les oreilles, soucieux de l'impact à venir. De ses gestes légers, éthérés, à mi-chemin entre une môme perdue et une tentatrice consciente de ses courbes, elle grimpe sur les genoux de Yeraz, noue ses bras autour de sa nuque, glisse ses doigts dans ses cheveux. Daisy, elle le détaille de ses grands yeux de chat qui pourraient presque le respirer, de son air grave qui oscille entre chercher un refuge ou une punition.  « Est-ce que je t'ai déjà fait de la peine, à toi ? Sois honnête. » réclame-t-elle bravement, la voix basse, chaude, prête à entendre la vérité qu'elle élude toujours parce que ça fait mal. Daisy, elle ne supporte pas la simple idée de faire souffrir ceux qu'elle aime. Elle flanche en pensant que ce qu'elle ressent, ici, maintenant, peut-être qu'Iggy l'a vécu au centuple. Peut-être que Toby, lui, vit avec ce poids en permanence dans la poitrine. Et peut-être qu'à chaque fois qu'elle ne le réalise pas, qu'elle persiste gaiement dans ses illusions, dans sa négligence affective, elle écarte des plaies dont elle ignore même l'existence. Elle croit bien qu'elle a besoin de souffrir en échange, de laisser la dureté tranchante de la réalité la flageller. Mais malgré ses orteils au bord du vide, Daisy a toujours peur. Et elle se presse contre Yeraz, et elle laisse ses lèvres charnues glisser contre sa peau, le caresser. Elle embrasse ses paupières, l'arrête de son nez, la ligne bien dessinée de sa mâchoire, picore sa nuque musquée de baisers de plus en plus pressants, au fur et à mesure que son courage s'envole. Daisy, elle est inconstante, elle est charnelle et lorsque les deux sont réunis, elle parvient à oublier, à s'oublier. Alors elle ne sait plus si elle a besoin de la sincérité de Yeraz, de sa clairvoyance qu'elle admire ou si elle a juste envie qu'il la conforte dans ses fantasmes de monde idéal, d'amitiés immuables, de sentiments sous contrôle et de sexe magicien, illusionniste et guérisseur à la fois.
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