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 knew her two days, loved her for three. (grace)

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the diem ain't gonna carpe itself.
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MessageSujet: knew her two days, loved her for three. (grace)   Jeu 15 Déc - 18:43

when they ask you what your favourite moment is, you will say her.
you will always say her.

Il aimerait trouver une façon de calmer l'ouragan dans ses membres. Les fourmis dans ses jambes qui ne demandent qu'à être chassées à grands pas, le fog entre ses tempes qui rend chaque pensée douloureuse, inachevée, et ce putain de bras gauche. Craqué comme une brindille. Analysé, ouvert, réparé, refermé, bandé. Inutile. Chaque grande inspiration destinée à l'apaiser l'écœure, car elle emplit ses poumons de cette atroce odeur d'hôpital – quelque part entre désinfectant et désespoir. Il n'a rien à foutre ici, Toby, absolument rien. Il fait partie du monde des vivants. Il doit mobiliser toute sa patience, la moindre goutte de sang froid dans ses veines, pour s'empêcher d'envoyer la télécommande s'encastrer dans la télévision. Un match de baseball se déroule derrière l'écran, un sport qui l'emmerde joué par deux équipes dont il n'a rien à foutre. Le volume va bien trop fort, il le sait. L'infirmer qui est venu vérifier son bandage vingt minutes plus tôt a laissé ses yeux faire l'aller-retour Toby-télé-télé-Toby suffisamment de fois pour que le message soit clair. Il n'a pas diminué pour autant. Le lit de l'autre côté de la pièce est vide, de toute façon, il ne fait souffrir que ses propres tympans. Il fait ce qu'il peut, Toby, pour effacer les souvenirs. La dernière fois qu'il était dans une de ces chambres, presque une décennie auparavant, il y a vu mourir son père. Il a simplement envie de noyer toute sensation, tout souvenir conjuré par le bruit des pas sur le linoléum, l'odeur corrosive, les murs jaune pâle. C'est le seul objectif. Tenir la mémoire à distance jusqu'à ce qu'il ait le droit de rassembler les maigres possessions qui l'ont accompagné  ici - toutes apportées par Iggy en même temps qu'un grand bouquet coloré - et de s'en aller. En espérant ne plus avoir à revenir pour une nouvelle décennie, au minimum. Deux coups résonnent contre la porte, et il se redresse péniblement, à une main, de sa position affalée sur les coussins. "Oui." La voix est forte, pour se faire entendre au dessus du vacarme du match de baseball. Le ton est sec. Il n'en peut plus, Toby. De cette chambre jaune pâle, de cette odeur repoussante, du tartan bleu marine sur le pantalon de pyjama enfilé en grognant, de ce bandage, de ce bras bon à rien. De sa mère, qui vient lui rendre visite toutes les deux heures et dont l'angoisse constante ne fait qu'affiner davantage ses nerfs. Le ton est sec, car il lui a répété encore et encore qu'il allait bien, qu'il n'avait pas besoin d'elle pour réajuster les oreillers, merci maman, au revoir maman. La grimace renfrognée dégringole de son visage à la seconde où il voit une silhouette gracile, inattendue, se faufiler à l'intérieur. "Gracie," souffle-t-il, en guise de salutations. Il aurait dû s'en douter. Qui d'autre frapperait deux coups ? Il ne se l'explique pas, car que sont-ils exactement l'un pour l'autre ? Il ne se l'explique pas mais dès qu'elle entre dans la pièce, elle est là, sa grande inspiration. Il essaie de se redresser davantage et cherche machinalement à se servir de sa paume gauche, avant de se rendre compte que son bras est immobilisé. Il se laisse retomber dans un semi-soupir de frustration. "Qu'est-ce-que tu fais là ?" Il grimace aussitôt que les mots quittent ses lèvres. Bête question. Il reformule : "T'as rien de mieux à faire en un beau jeudi après-midi que de venir te perdre en enfer ?" Si les mots sont cyniques, goguenards, caractéristiques, le ton est amusé. Presque tendre. Parce qu'il n'a plus besoin de sa béquille pour ne pas penser, il saisit la télécommande et force le poste à se taire en une pression déterminée du pouce. Grace. Entièrement suffisant pour maintenir ses démons de l'autre côté de la porte.


Dernière édition par Toby Blackheart le Jeu 12 Jan - 17:06, édité 1 fois
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stillness of the mind.
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MessageSujet: Re: knew her two days, loved her for three. (grace)   Dim 18 Déc - 17:18

Pour l'une des rares fois de son existence, l'inquiétude s'est emparée des traits de Grace. Ses sourcils légèrement froncés creusent une ride d'incertitude sur son front tandis qu'elle attend distraitement à l'accueil qu'on daigne lui donner le numéro de chambre de Toby. Si ça ne tenait qu'à elle, elle aurait probablement vagabondé dans les couloirs, ouvrant les portes à la volée jusqu'à le trouver, affalé sur son lit d'hôpital. Mais ses pensées sont ailleurs, tâchant de visualiser l'accident dont il a été victime, et c'est docilement qu'elle récupère finalement un numéro de chambre et une direction. Au fond à droite. Elle s'exécute, laissant ses pas pressés la guider jusqu'à sa destination. Elle frappe. Pas une ni trois, mais deux fois. Sa manière un peu particulière de dire bonjour, en quelque sorte. Elle est accueillie par un "oui" un peu sec, dont elle ne s'étonne pas une seconde. Parce que naturellement, si Toby était d'un naturel grognon, ce n'était certainement pas un séjour forcé à l'hôpital qui allait améliorer son humeur. Sitôt qu'elle ouvre la porte, tout signe d'inquiétude s'évanouit de son visage, laissant place à un éblouissant sourire. « Ton soulagement me flatte, Toby. » lance-t-elle, un brin amusée du contraste entre sa froide invitation à entrer et l'affection qu'elle relève quand il l'apperçoit. Elle n'en s'en lasse pas, Grace, d'entendre Toby dire son nom. De se sentir importante à ses yeux par le biais d'un simple surnom qu'il lui réserve, quand bien même il ne peut s'empêcher de conserver ce caractéristique timbre bougon. La jeune femme referme la porte derrière elle, désireuse d'effacer les bruits des conversations inaudibles et des bips caractéristiques du matériel hospitalier. Elle se rapproche du lit sur lequel repose péniblement un Toby entièrement immobilisé du bras gauche. Elle lui offre une grimace compatissante tout en le dispensant d'une conversation sur le malheureux incident dont, elle en est intimement convaincue, il n'a aucune envie de discuter. Puis elle remarque les fleurs qui reposent dans un vase à côté de son lit et la boîte de chocolats soigneusement emballée à côté. Des cadeaux. En guise de bon rétablissement. Evidemment, elle avait pas été fichue d'en acheter un. « J'aurais probablement du amener quelque chose, hein ? » qu'elle fait remarquer davantage pour elle-même, relevant à haute voix son incapacité à réfléchir comme tout le monde. Elle n'est pas vraiment gênée - elle ne savait pas comment l'être, avec Toby - mais elle lui offre tout de même un sourire d'excuse tout en haussant les épaules. Elle arrive finalement à la hauteur de son lit et vient déposer un baiser furtif sur sa joue, balayant l'air de la chambre de son parfum floral. Elle constate d'un rapide regard que le lit voisin est vide et ne peut que s'en réjouir : elle n'a pas envie de partager ce moment avec qui que ce soit, Grace. Elle vient tirer un tabouret jusqu'au lit de Toby tout en étouffant un rire à sa remarque. Il est aussi tranchant que d'habitude, et ça la fait rire. Elle est entièrement attendrie par son pessimisme et son air de victime mi-blasé mi-agacé par la torture de ses soins. « Oh, si, sans doute. Mais je suis prête à accepter ce maigre sacrifice si c'est pour te voir. » plaisante-t-elle de bon coeur, attrapant facilement la perche qu'il lui tend pour lui taquiner les nerfs. En vérité, elle n'avait rien de mieux à faire. Ou plutôt, elle n'avait rien envie de faire d'autre. Et au fond de lui, Toby le savait sûrement. Grace s'installe finalement sur le tabouret qu'elle a volontairement placé le plus proche possible du lit, de sorte qu'elle puisse venir caresser d'une main délicate l'intégralité du plâtre qui recouvre son bras. « Au fait, ne m'en veux pas de profiter de ton bras dans le plâtre pour éviter toute objection violente, mais je devrais sûrement te dire que j'ai eu une petite discussion avec Daisy l'autre soir. Et je n'ai pas été très gentille. » qu'elle avoue alors en pinçant légèrement les lèvres dans une mimique d'enfant confessant sa bêtise. Elle doutait que cette nouvelle réjouisse Toby, notamment parce qu'il estimait sûrement ne pas avoir besoin de qui que ce soit venant fouiner dans ses histoires sinueuses. Mais elle était comme ça, Grace. Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Tout comme elle ne pouvait s'empêcher de lui en parler à cet instant.
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MessageSujet: Re: knew her two days, loved her for three. (grace)   Jeu 12 Jan - 18:48

Et si elle devine tout, elle ne peut pas comprendre, Grace. Qu'il lui est reconnaissant de ne rien avoir amené. De ne pas ajouter à la liste de bibelots qui ne font que rétrécir la pièce, lui donnant l'impression de prendre de plus en plus d'espace, de toucher le plafond, de manquer d'oxygène. Lion en cage. Il les apprécie pourtant pour ce qu'ils sont, les cadeaux. Des intentions. La présence physique de l'affection, qui lui paraît bien plus nécessaire aux visiteurs qu'au patient. Il voudrait lui répondre que sa présence est suffisante, qu'il n'aurait rien pu vouloir de plus – mais les mots sont bien trop clichés, façon drame romantique pour lesquels Iggy squatte la télé, pour un jour franchir les lèvres de Toby. Il se contente de pencher légèrement la tête sur le côté. Amarrer son regard à celui de Grace, un sourire en coin minuscule, mais le plus retentissant qu'il sache conjurer dans un tel endroit, oscillant au coin de la bouche. Elle lit les gens, Grace. Elle s'en est fait un boulot. Et il a beau s'en moquer, en rire, prétendre au cynisme qui lui colle à la peau jusqu'à en être devenue une seconde, là, à ce moment précis, il espère qu'elle le lit. Car il est bien trop paresseux, trop sceptique, pour les mots. La morphine ne faisant que souligner les défauts préexistants. Si ses paupières sont lourdes, il ne la lâche pas des yeux tandis qu'elle traîne jusqu'à lui un tabouret de métal. Il a envie de lui dire de laisser l'abominable siège dans le coin opposé, qu'il se poussera sur le côté du lit et que si elle vient se blottir contre lui, juste là, sous le bras qu'il lui reste, il le refermera sur elle et ne la laissera jamais partir. Il l'a déjà fait une fois, et si Toby se targue d'être l'Homme Sans Regrets, parfois, dans les méandres de l'alcool ou des sédatifs, il se dit que c'était une fois de trop. Il joue au jeu des what-ifs. Laisse son incrédulité sur le seuil et part appréhender l'univers des possibles. Grace et lui, ça n'aurait jamais pu marcher. Il le sait. Ils étaient faits pour se laisser glisser entre les doigts. Mais, merde, si les circonstances avaient été différentes, s'il avait cru l'espace d'une seconde être bon pour elle, peut-être aurait-il fermé le poing. Elle s'approche, ses doigts courent sur son bandage. S'il a connu bien des filles qui crépitent, Grace, elle est de celles qui apaisent. Il a la fièvre et elle est son mistral. Il peut presque entendre la douleur se tapir à l'intérieur, courber l'échine sous son autorité surnaturelle qu'il n'aura jamais l'honnêteté de reconnaître à voix haute. Les yeux de Grace oscillent entre Toby, son bandage et la fenêtre, valse à trois temps dont elle semble être inconsciente – lui, il ne la quitte pas du regard. Toby rassemble toute la patience dont il est capable pour maintenir un visage impassible alors qu'elle lui explique une mésentente avec Daisy. Si elle attend de la colère de sa part - sa réaction de référence, il est vrai – il se contente de pousser un bref soupir, levant les yeux au plafond. L'impatience est claire sur son visage, mais elle ne s'adresse pas à Grace. "Tu sais pas ce que je donnerais pour une clope." Lorsqu'il baisse le visage vers elle à nouveau, il espère qu'elle y voit ce qu'il veut lui montrer. "Je pourrais dire exactement la même chose, à vrai dire. Faut croire qu'elle attire ça." Ce putain de feu de camp qui n'a fait qu'étaler du sel sur les plaies. Lui aussi, il a eu une petite discussion avec Daisy. Il n'a pas été très gentil non plus. Et ce qu'il garde pour lui, c'est l'évidence : ils savent tous deux pertinemment qu'il est capable de bien plus de destruction que Grace. Il est épuisé, Toby. Autant physiquement que mentalement. Il est à bout. Il a envie de balayer l'apparent inconfort de la brune d'un geste de main. N'en parlons pas. C'est pas important. Mais ce serait ignorer l'éléphant dans la pièce : depuis quand discutent-elles, toutes les deux ? Il tente de se redresser, il cherche à lui faire face sans étirer sa nuque à l'excès, mais la tentative de mouvement ne fait qu'envoyer une vague de douleur fraîche dans ses os. C'est à travers des dents serrées qu'il souffle "Gracie. Tu sais que s'il y a quoi que ce soit, tu peux m'en parler à moi, pas vrai ?" Il a toujours été possessif, Toby. Il a toujours voulu compartimenter sa vie. Peut-être que c'est ça, qui le pousse jusqu'à ces mots. Le besoin de garder Daisy et Grace aux deux pôles opposés de son hémisphère. Ou peut-être est-il simplement moins détaché qu'on le croit. Peut-être qu'il a besoin de se prouver qu'il est là, qu'il compte.
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