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 please, don't you go. (gracy)

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MessageSujet: please, don't you go. (gracy)   Mer 14 Déc - 17:56

Le brouillard est dense, il est partout, enfermant Redcliff entre ses bras. La scène est presque féérique, on aurait l’impression d’avoir la tête dans les nuages. Cela fait maintenant un nycthémère que Lenny n’a pas fermé l’oeil. Il a essayé, pourtant. Il a essayé de ne plus penser ni à Hava ni à Grace, de se laisser envahir par le sommeil. Mais ses pensées sont incontrôlables. C’est un cyclone qui vit en lui. Un cyclone d’incertitudes et de sentiments paradoxaux. La haine et l’amour, la peur et l’espoir. Grace et Hava. Il a parfois l’impression d’avoir du fromage blanc dans la tête, à la place du cerveau. « Et merde. » Il lâche un soupir. Le soleil est en train de se lever, et lui, qui n’a pas dormi, il est en train de faire la vaisselle. Comme pour occuper son esprit différemment. Mais il n’y arrive pas. Il n’y arrive plus. Il a besoin de réponses. Alors il enlève ses gants en latex et enfile une veste. Avant de sortir de chez lui, il vérifie dans ses poches. Il est là, ce morceau de papier. Il est là depuis hier, depuis qu’il a trouvé son adresse en posant quelques questions autour de lui. Les voyantes ne courent pas les rues, et elles sont rarement aussi jolies. Mains dans les poches et clope au bec, Lenny perce le brouillard. Redcliff est calme, presque déserte à cette heure-ci. Mais pourtant, il la voit partout. Hava. Elle est là, comme un fantasme, comme un fantôme. Il y a quelques jours, Lenny lui a écrit une lettre. Une lettre pour lui dire au-revoir, espérant qu’elle disparaisse pour de bon, qu’elle ne soit plus cette ombre qu’il traine derrière lui depuis maintenant deux ans. Vas-t’en Hava, s’il te plait. Arrête de me suivre. Il écrase son mégot sur le trottoir et accélère sa marche, comme pour la laisser derrière lui. Il en a assez de marcher à reculons. Il veut avancer, penser à l’avenir, retrouver un peu de soleil au milieu de tout ce brouillard. Il veut vivre sans ressasser le passer. Vivre et être heureux à en crever. Il ne sait pas s’il pourra y arriver, ça semble difficile. Mais il sait qu’il est prêt à essayer. C’est pour ça qu’il est là. Devant cette porte. C’est pour ça qu’il a fait tout ce chemin. Alors il appuie sur la sonnette. Et la porte s’ouvre. « Grace. » Il se fige plusieurs secondes. Elle vient de se réveiller. Peut-être à cause de lui. Il ne sait même pas quelle heure il est. Mais il sait qu’elle est surprise. « C’est pas elle que je suis venu retrouver aujourd’hui. C’est toi. », qu’il lui dit pour l’éclairer. D’habitude, il venait pour l’écouter au sujet d’Hava, pour qu’elle l’aide à la retrouver, à ne pas perdre espoir. Et il ne l’a pas perdu, l’espoir. Il l’a retrouvé. Il se tient en face de lui. « Pourquoi ? » Il la questionne du regard, un peu en colère. « Pourquoi t’as disparu ? » Sa colère s’étouffe pour laisser place à autre chose. De la peine, sans doute. Et de la peur, aussi. Mais pas que. Y’a trop de choses qui surgissent quand elle est là. Qu’est-ce que je fais aux femmes, hein Grace ? Elles disparaissent tout le temps. Alors toi, reste. S’il te plait. Je voudrais que tu restes. Que tu sois celle qui reste.
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MessageSujet: Re: please, don't you go. (gracy)   Ven 16 Déc - 14:27

On aurait pu croire que la culpabilité aurait arrêté de la ronger, maintenant. Elle pensait pourtant avoir fait le nécessaire afin de s'épargner ces ressentiments en évitant le dernier rendez-vous qu'ils avaient planifié, elle et Lenny. Elle aurait pourtant du se douter que la lâcheté ne la mènerait à rien, et encore moins à effacer la peine qui pesait un peu plus sur son coeur à chaque séance qu'elle lui concédait. Mais Grace n'est pas sereine avec sa décision, et son humeur s'en ressent. C'est d'ailleurs l'une des rares fois où le sommeil ne vient pas à bout de ses soucis, elle pourtant habituée à tomber dans les bras de Morphée avec une facilité déconcertante. En y réfléchissant, ce n'était probablement qu'une maigre punition pour avoir abandonné Lenny à ses tourments, sans même lui offrir ne serait-ce qu'un raison valable. Qu'aurait-elle bien pu lui dire, de toute façon ? "Bonjour Lenny, navrée mais je vais devoir arrêter nos sessions, je ne suis pas très à l'aise avec ton désespoir qui m'étouffe le coeur." Autant résumer ça d'une traite en lui avouant qu'elle n'était rien d'autre qu'une pure et simple égoïste, fuyant les problèmes des autres parce qu'il était tout simplement plus simple de vivre ainsi. Mais il y avait bien une autre raison, plus plausible sûrement, mais tout bonnement inavouable. Parce que se prendre d'affection pour un homme désespéré par la disparition de sa petite amie, ce n'était tout simplement pas envisageable. Surtout quand cette affection dépassait les limites de la relation - certes particulière mais pas moins professionnelle - d'une voyante avec son client. Alors Grace avait quitté le navire, abandonné Lenny à ses sombres pensées tout en le privant de ce maigre réconfort qu'elle pouvait peut-être lui offrir à travers ses prédictions illusoires. Au moins subit-elle le même sort que lui, condamnée à laisser ses réflexions la priver d'un sommeil réparateur. Il ne fait pas encore jour, et Grace est toujours confortablement enfouie dans ses draps. Ses paupières sont closes, son souffle paisible et régulier, chacun de ses muscles parfaitement détendu. Mais dans son esprit, un chaos fait rage. C'est vers les premières lueurs du jour qu'une sonnerie la tire de son demi-sommeil. Elle ouvre les yeux, se pupilles se rétractant sous l'effet du mince filet de lumière qui perce ses rideaux. Elle attend un bref instant, histoire de vérifier s'il ne s'agit pas d'une visite atypique de l'un de ses deux colocataires. Mais rien ne vient. Elle est visiblement la seule à ne pas profiter des dernières heures d'un précieux et profond sommeil. Alors elle quitte son lit et se rend dans l'entrée. Elle traine dans un tee-shirt trop grand pour elle et dans un petit short noir de sport, ses cheveux légèrement ondulés reposant sur ses épaules. Le salon ouvert sur l'entrée éclaire la pièce d'une douce lueur dorée, à laquelle elle est désormais plus habituée. Elle est ouvre la porte. Si c'est une surprise de voir Lenny sur le seuil, une expression intense sur ses traits ? Oui. Et non. C'est qu'en deux ans, elle a appris à le connaître, Grace. Elle aurait du se douter, en voyant son dévouement et son obstination à retrouver Hava, qu'il ne la laisserait pas filer aussi facilement. « Lenny... » qu'elle commence d'une voix étranglée, pas certaine de savoir quoi ajouter. Elle sait ce qu'il va lui dire. Elle sait qu'il doit être fou de rage de son absence inexpliquée, furieux qu'elle ait abandonné la partie alors que lui continue désespérement à chercher Hava. Pourtant elle ne se décide pas à lui formuler les excuses qu'il mérite. Non, Grace reste figée, se muant dans un profond silence, incapable de lui offrir le moindre mot. Pourtant, c'est quand il lui annonce ne pas être venu pour Hava mais bien pour elle qu'elle parvient enfin à sortir de son mutisme. « Pardon. » souffle-t-elle, submergée par une culpabilité plus écrasante encore que quelques minutes plus tôt. Parce qu'elle réalise à cet instant qu'elle n'a pas juste abandonné son "client", l'homme qui, deux années plus tôt, était venu réclamer ses présumés dons afin de retrouver la femme qu'il aimait. Elle avait abandonné Lenny, devenu l'une des personnes les plus importantes dans sa vie. « Parce que je suis une égoïste. Parce que je suis plus capable de supporter l'espoir dans tes yeux chaque fois que je te raconte toutes ces foutaises à propos... D'elle. » Grace confesse. Elle avoue sans retenue, incapable de prétendre qu'elle lui a jamais donné un jour plus qu'un cruel espoir de retrouver Hava, dont elle ne résout pas à prononcer le nom. Elle ne pleure jamais, Grace, ou presque. Pourtant, si elle avait pu pleurer à cet instant, elle aurait versé des larmes de rage. Contre elle pour lui avoir offert deux ans d'imposture, contre lui pour venir aujourd'hui lui donner cette seconde chance qu'elle ne mérite pas et, putain, même contre Hava pour avoir osé disparaître.
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