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 i will follow you. (daisy)

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MessageSujet: i will follow you. (daisy)   Lun 12 Déc - 20:19

Ses pieds étaient lâchement posés sur la table basse, ses fesses bien ancrées dans le cousin du canapé. Il s'était installé il y a près d'une heure, un nouvel article à écrire pour le journal de la ville. Un papier sur les traditions. Habituellement, ce sujet l'aurait passionné, lui qui adorait ce que la ville pouvait proposer en ces périodes de fête. Cette année pourtant, rien. Les traditions n'avaient plus le même goût. Ryder, il ne mettait plus autant d'envie dans ce qu'il faisait ces derniers temps. Tout avait le goût amer de la déception, de la trahison. S'il restait aussi impassible que possible, Ryder se consumait. Vile morceau de charbon ardent, qui crépite, qui se retient. Ryder, il n'attendait plus qu'une chose : exploser. Extérioriser tout ce qu'il gardait en lui. Il attendait ce moment où plus rien ne le retiendrait, ce moment où il ne sera plus capable de se taire. Esprit calme, vif, esprit d'étoile qu'il était Ryder. Il avait toujours l'air hors de tout. Hors de rien. Hors du monde qui s'était forgé autour de lui. Ryder, il respirait l'air toxique qui se répandait autour de lui. Les tensions pouvaient se lire dans les regards de ses meilleurs amis, ceux qui avaient remplacé la famille qu'il n'avait jamais réellement eue. Là, sur ce canapé, il n'arrivait plus à se concentrer sur ce travail à rendre dans la soirée. Les quelques mots déjà notés n'avaient plus de sens. Ryder, il ne pouvait s'empêcher de se concentrer sur ce qui l'entourait. A ses côtés, cette fille qu'il avait au fond toujours aimé. Le palpitant battant trop vite, fuyant sa poitrine. Ryder, il en avait presque mal. Daisy Donovan avait longtemps été le soleil de sa vie avant d'en devenir l'ombre. Il restait pourtant profondément amoureux de cette fille, de ce sourire, de ce regard brillant. Qu'il l'aimait !! Comme le fou qu'il était devenu au fil du temps. Jaloux de ceux qui avaient réussi là où lui avait échoué. Il l'avait observé à plusieurs reprises. Elle était allongée près de lui, ses pieds le touchant. Contact qui l'avait fait frisonner sur le moment. Elle lisait, il ne savait quoi. Concentrée, belle. Si belle, trop belle. Il avait soufflé, ennuyé de ne rien produire, ennuyé par ce silence qui n'en était pas un : la respiration de Daisy venait siffler à son oreille, douce mélodie que le frottement des feuilles venait gâcher. « Dee ? » Ce surnom, les membres de la colocation l'avait adopté, lui aussi avec le temps. Il aurait aimé lui donner les surnoms mielleux, presque insupportable dans la bouche des autres. « Tu veux que je te prépare quelque chose à boire ? » Il n'était jamais gêné de lui parler, jamais quand il s'agissait de banalité. La profondeur des mots, l'évocation des sentiments, ça le bloquait complètement. « Et tu veux manger quelque chose ? » Malgré lui, il aurait tout fait pour elle. Décrocher la lune, porter le poids du monde sur ses épaules, passer outre ses aventures avec Grey, avec Toby. Ryder, il devenait un moins que rien devant elle. Un con berné par le bruit d'un palpitant trop rapide.  
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MessageSujet: Re: i will follow you. (daisy)   Jeu 15 Déc - 17:12

Daisy, elle ne sait jamais s'arrêter. Elle s'agite toujours, constamment, elle offre son temps et ses sourires et lorsque l'inaction la guette, elle se sent suffoquer. Elle si concrète, si terrienne malgré ses allures aériennes, insaisissables, ne se sent vivre que dans l'action, les grands gestes, la voix rauque et les éclats de rire. Il est rare de la surprendre ainsi, sage, alanguie sur le canapé. Silencieuse, surtout. Et seule, tout ce qu'elle déteste. De loin, Daisy semble procrastiner mais ce fantasme nourri par les épuisés de ses manèges incessants n'est qu'une illusion : derrière les remparts imprenables de sa peau, elle s'agite, elle travaille, elle ressent. Plus fort sur le papier que dans son coeur, comme si son palpitant battait en réalité dans la pulpe de ses doigts qui effleurent, caressent et tournent les pages de la pièce qui l'habite. Ce n'est qu'un vague exercice pour la semaine prochaine, rien de transcendant mais Daisy est emportée au large du tumulte des sentiments. Un ouragan dévastateur mais sécurisant car il appartient à d'autres, c'est une promenade de plus au musée qu'elle préfère. Celui des passions qui l'attirent et l'effraient à la fois. A travers le théâtre, elle goûte à l'interdit, en découvre la saveur sur ses lèvres sans le poids sur les hanches. Elle se balade pieds nus, profane néophyte dans le musée du sacré et si Daisy s'émeut devant les envolées lyriques comme d'autres pleureraient devant un tableau superbe, elle persiste à ne rien voir, à ne rien entendre. Elle est encore là, ancrée dans la réalité, elle sent la chaleur de Ryder contre ses chevilles mais elle est absente, absorbée par les tourments tragiques de Phèdre, d'Electre, de Dona Sol ou d'Hermione. Daisy tourne avidement des pages et des pages de tirades enflammées, à la recherche de la sienne, celle qui lui donnera envie de l'habiter, de la vivre. Ses yeux butinent et freinent finalement devant un extrait d'une pièce de Tennesse Williams, sweet bird of youth, qui lui file le bourdon, la rend groggy. Daisy, elle a soudainement l'impression d'avoir du fromage blanc dans la tête à la place du reste parce que pour la toute première fois, elle peut s'identifier. Le rossignol se sent encagé, sa gorge se noue en lisant ces quelques lignes et Daisy se serait sans doute noyée, sans Ryder. Mais Ryder, il est doté d'une sorte de sixième sens et il est toujours là au moment opportun. Elle ne déconnait pas, au feu de joie qui porte si mal son nom, en le qualifiant d'ange. Elle referme brusquement son livre, comme s'il l'avait brûlée, et concentre toute son attention sur les traits doux de Ryder, qui a toujours l'air serein, comme le phare au milieu de la tempête. C'est ce qu'il est d'ailleurs, droit debout alors qu'ils sont en train de s'écrouler sous le poids des reproches, immaculé, au-dessus de leurs bassesses comme une sorte de dieu miséricordieux. Mais parfois, il est aussi teinté de ce qui les éclabousse. Daisy le voit, cet éclat dans son regard, cette façon de durcir la mâchoire ou de disparaître pour la soirée sans un mot. Lui aussi, ils sont en train de l'éroder et elle, elle voudrait tous les retenir entre ses bras parce qu'ils s'aiment, putain. Ils s'aiment et l'amour est supposé être un ciment plus fort plus que tout, plus fort qu'une nuit d'errance qui ne devrait pas faire mal, plus fort que les rancunes tenaces qui corrodent tout et que les silences gênants, lorsqu'ils se retrouvent tous ensemble. Mais Dee souffre d'optimisme délirant, celui d'une autruche qui refuse de comprendre la complexité des sentiments. Elle adresse un léger sourire à Ryder, sans parvenir à s'habituer à sa sollicitude pourtant coutumière. Il a toujours des attentions, il se plierait en mille pour faire plaisir et elle le reconnaît aisément parce qu'elle fait pareil, avec une légère forme de maladresse dont il est n'est pas pourvu. « Non ça va, c'est gentil. J'ai besoin de rien. » Daisy n'a jamais été une profiteuse qui échange des oeillades langoureuses contre des verres offerts, elle n'a rien des opportunistes, si ce n'est les courbes féériques. Mais les siennes sont une matière brute jamais travaillée ni parée de beaux atours d’apparats conçus pour distraire des intentions cachées. Elle sont là, c'est tout, et elle a appris à les apprivoiser. Comme elle a su aussi apprivoiser Ryder, depuis l'enfance, assez pour coloniser tranquillement son espace vital. C'est ce qu'elle fait, Dee, abandonnant sa place pour venir ronronner contre lui comme un chaton en manque d'affection. Elle glisse un menton contre son épaule et détaille de ses yeux félins son travail qui n'avance pas d'un pouce, depuis le dernier soupir en date expiré. « La cuisine, c'était une excuse pour retarder l'échéance ? » souligne son timbre mutin qui n'appelle pas réellement de réponse. « Besoin d'aide, peut-être ? » Daisy est toujours animée des meilleures intentions mais généralement, finit toujours par agir d'une façon bancale. Par excès d'enthousiasme, sans doute. « Ou de te changer les idées ? On peut faire une pause. » La commissure de ses lèvres frissonne dans une esquisse lumineuse, qui parle à sa place : son coeur penche pour la pause. Daisy n'a aucune idée pré-conçue mais elle serait satisfaite d'un rien, même d'une conversation anodine sur leur vieux canapé défoncé. Depuis toute cette histoire, Ryder a l'air d'un fantôme qui hante les lieux et s'estompe un peu plus à chaque nouvelle friction et il lui manque.
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MessageSujet: Re: i will follow you. (daisy)   Mer 11 Jan - 20:24

Il avait lâché un dernier soupir. Il n’arriverait à rien de bien. Et le moindre prétexte était bon pour lever les yeux de l’écran. Le temps restant était court, il le savait. L’échéance planait au-dessus de lui, telle une épée de Damoclès prête à s’écraser. Pourtant, la pression ne l’aidait en rien. Daisy avait été le premier prétexte pour arrêter. Tentation divine de la regarder ou de lui parler, elle qui se tenait si près et pourtant si loin de lui. Il avait brisé ce silence, usant de banalités affligeantes pour sortir l’atmosphère de sa torpeur étouffante. Banalités refusées, il le savait bien avant d’avoir demandé. Elle avait glissé son corps près du sien, dans ce canapé défoncé qui avait vécu des soirées folles. Il avait fait le charme de leur amitié il y a quelques temps. Aujourd’hui, les réunions n’existaient plus. Les sourires et les rires se faisaient rares, solennels, personnels. Ce canapé, il était aussi défoncé que leur cœur. Amochés par les coups, torturés à petit feu. Ryder, il l’aimait ce canapé au fond. Encore plus à cet instant. Il aurait pu se crisper en sentant son corps si près du sien. Il aurait pu rougir, s’étonner. Mais il était resté impassible. Comme il était habitué à le faire. Il aurait peut-être dû s’enfuir avant qu’elle ne s’approche, fuir encore un peu plus. Ryder, il avait ce cœur boitillant, abîmé mais toujours aimant. Cette fille-là, elle n’avait jamais rien eu d’ordinaire à ses yeux. Chevelure ébène, beauté brute. Elle avait su le saisir, appuyer sur ce palpitant trop maladroit, trop fragile pour résister à la prunelle de ses yeux clairs. Masochiste qu’il était, il n’en était pas moins heureux qu’elle vienne à lui. L’odeur singulière de sa peau le rendait fou, il n’en montrait rien. Elle le rendait fou. Passionnément, éperdument. S’en était alarmant, dérangeant. Insupportable. Il n’en disait rien. Trop sage pour cela, il gardait ce visage serein tandis que son intérieur explosait, sensation douloureusement puissante. « Très mauvais prétexte, je sais. » Manque d’inspiration ou trouble de la concentration, l’article qu’il devait écrire n’avançait pas. Quelques lignes maladives avaient été écrites, aussi maladroite que les phrases d’un enfant. Il savait faire mieux, tellement mieux. Il avait l’âme d’un poète. Il pouvait donner à ses mots des saveurs, de la splendeur. Ryder, il pouvait faire du laid quelque chose de merveilleux. Magicien des mots et de la photographie qu’il était. Ces derniers temps, il n’était rien. Vidé d’un talent qui lui permettait de survivre habituellement. Et dans une ambiance ternie par les coups bas, l’inspiration ne lui venait plus. « Non, merci. J’y arriverais bien avant d’avoir des problèmes. » Sa voix, celle de Daisy, elle résonnait dans son oreille comme une mélodie. Elle brûlait son cœur. Mais il était heureux. Heureux de savoir qu’elle ne serait qu’à lui pendant un instant. « J’accepte de faire une pause. » Il esquissait ce sourire léger, presque imperceptible. Sourire qui faisait ce qu’il était. Sourire à celui qu’elle lui tendait. Ce même sourire qui venait de lui faire manquer un battement. Qu’il était niais, Ryder, quand il était question de Daisy. « Tu lisais quoi ? C’est pour ton cours de théâtre ? » Il s’y intéressait franchement. Il la savait douée, il la savait passionnée par ce qu’elle y apprenait. Il avait passé son bras autour de ses épaules, comme il avait pu le faire autrefois avec elle. Sans cette rancœur qui l’habitait malgré tout. C’était des banalités, encore. Ryder, il évitait la profondeur. Le sentimentalisme, les discussions pénibles sur des sujets sensibles. Il prêtait attention à rester en surface. Avec Daisy, il préférait rester digne, simple. « Tu avais envie de faire quelque chose ? On peut jouer à la console, regarder un film. J’en sais rien en fait. » Sans doute qu’il se prenait trop la tête. Sans doute qu’il avait quelque chose à prouver. Sans doute qu’il était bien trop aveuglé pour proposer quelque chose d’intéressant.
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