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 it's better to offer no excuse than a bad one. (daisy)

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stillness of the mind.
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MessageSujet: it's better to offer no excuse than a bad one. (daisy)   Dim 11 Déc - 18:16

I choose my friends for their good looks,
My acquaintances for their good characters,
And my enemies for their good intellects.

« Je vous retrouve un peu plus tard. » lance-t-elle à ses compagnons de soirée qui, les bras chargés de pintes de bières fraiches, s'apprêtant à s'installer sur une table dans le fond de la pièce. Elle reçoit quelques froncements de sourcils interrogateurs en guise de réponse, auxquels la jeune femme répond par un sourire confiant, l'air de dire que tout va bien. Parce que dans un sens, tout va effectivement bien. Personne ne l'a forcée à rester installée au comptoir, Grace, et après mure réflexion, elle se demande si son choix est le bon. Nul doute qu'elle passerait sûrement un bien meilleur moment avachie sur un confortable canapé de cuir à échanger quelques histoires cocasses autour d'un verre plutôt que d'engager une conversation périlleuse comme elle s'apprête à le faire. Pourtant elle semble ce soir s'essayer à de nouvelles choses, quand bien même cette expérience ne s'annonçait pas aussi joviale que son projet de soirée initial. « Non, merci, je vais commander auprès de Daisy. » qu'elle répond quand une barmaid s'approche d'elle pour prendre sa commande. L'évocation de son prénom ne manque pas d'attirer l'attention de la concernée, ce qui était l'effet escompté. « Une bière. demande-t-elle cette fois-ci à la bonne interlocutrice. Les traits de Grace n'affichent pas la moindre émotion et seul son regard semble animé d'une détermination farouche. S'il te plaît. » termine-t-elle enfin, ayant pris son temps pour accorder cette naturelle formule de politesse. Loin de Grace l'envie d'être impolie, pourtant elle entretenait pour Daisy un agacement marqué depuis quelques semaines, sentiment dont elle avait bien du mal à se défaire. Certes, elles n'avaient jamais eu de véritables atomes crochus jusque là, pourtant cette relation déjà fragile semblait s'être largement détériorée depuis les drames répétés dont semblaient friands Daisy et ses plus proches amis. Dont Toby faisait partie. Si la Donovan était à ses yeux entièrement libre d'assouvir tous ses plus plus insensés désirs, elle était cependant beaucoup moins encline à voir le jeune homme affecté par ces histoires. Ce qui était le cas, il n'y avait pas de toute là dessus, quand bien même il n'aurait jamais songé à l'admettre - et surtout pas devant elle. « Tu te joins à moi ? » qu'elle propose d'un air tranquille en désignant la bière que Daisy vient de lui servir. Provocation ? Allez savoir. Grace voit davantage ça comme une déclaration ouverte de son intention d'avoir une conversation avec elle. Quant à savoir si la barmaid s'autorisera un verre on non - tout en sachant qu'il y a une probable possibilité qu'elle ne soit pas autorisée à boire durant ses heures de travail - ça lui importe peu, à vrai dire. La jeune femme s'autorise une gorgée de son breuvage sans pour l'instant ajouter un mot de plus. Si elle réfléchit à la forme qu'elle va bien pouvoir mettre à ses propos, elle n'a cependant aucun doute sur le fond. « Je n'aime pas vos manières, Daisy. Je n'aime pas votre façon de chercher la plus mauvaise des décisions à prendre et d'en être soudain désolés une fois les dégâts causés. » Sans aucune introduction à ses paroles, Grace dévoile l'objet de sa présence avec une transparence absolue. Aucune once de colère ne colore sa voix, juste une simple fatalité. Comme si elle confiait à Daisy la météo de la semaine ou sa couleur préférée. Sauf que cette fois, c'est de Daisy, Iggy, Grey et Toby dont elle parle. Ce quatuor infernal dont elle ne se serait jamais trop souciée si Toby n'en avait pas fait partie. Elle vient parcourir la surface de son verre du bout des doigts, en retirant la délicate couche de condensation formée par le contact de la boisson froide sur le verre tiède. « Ne te méprends pas, je n'ai pas l'intention de te faire une leçon de morale. » qu'elle nuance en accordant à Daisy un mince sourire qu'elle veut rassurant. « Tu dois sûrement te dire que j'ai une excellente raison pour venir t'offrir mon jugement sans même l'avoir réclamé. » Elle hausse légèrement les sourcils, accordant à la jeune femme ce regard entendu, l'air de dire "et je te comprends". Elle baisse cependant de nouveau son regard sur son verre, qu'elle vient attraper d'une main. « Malheureusement, je n'en ai pas. » avoue-t-elle dans un léger rire, dépourvu de la moindre trace de moquerie, d'ironie ou de quoi que ce soit qui puisse laisser croire qu'elle a l'intention de se payer la tête de Daisy. Non, Grace rit avec une sincérité dépourvue d'artifices, et c'est sans se défaire de son sourire qu'elle vient boire une nouvelle gorgée de sa bière.
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MessageSujet: Re: it's better to offer no excuse than a bad one. (daisy)   Lun 12 Déc - 20:45

Derrière le bar, Daisy se marre. Elle rit de bon coeur à une blague minable qui l'amuse quand même parce qu'elle aime bien le brave type qui la prononce, tout en galérant avec son shaker. Elle regarde toujours d'un drôle d'air ceux qui commandent un cocktail compliqué dans ce bar sans prétention. Ils ne voient pas la tonne de fûts derrière elle, toutes les bières qu'il est possible de goûter, des bières d'ici, d'ailleurs, de partout ? Ils sont aveugles aux bouteilles de whisky qui s'accumulent, aux lumières tamisées, au bois de noyer, à l'acajou, à tout ce qui crie l'authenticité d'un troquet d'une petite ville ? Apparemment. Ils se croient à Phoenix ou peut-être plus loin encore alors qu'à Redcliffe, on déjà a du mal à différencier une caipirinha d'un daiquiri. Daisy n'est pas la plus douée. Comme pour tout, elle manque de constance, de motivation, elle ne cherche pas à s'améliorer, à servir au millimètre parce qu'elle s'en fiche, ça ne l'intéresse pas et son insouciance prend le pas sur sa volonté (inexistante) du travail bien fait. Personne ne lui en tient rigueur parce qu'elle fait le job, Dee. Elle offre des sourires et des mots gentils, elle console les coeurs brisés qui cherchent un psychologue de comptoir, elle écoute les esseulés et se laisse gentiment draguer par les rejetés ou les affamés sans jamais juger. Elle est bienveillante et ça rattrape son désintérêt pour l'art de la mixologie. Le vieux Mo l'a bien compris, c'est la raison pour laquelle il l'a toujours placée derrière le bar au lieu de lui offrir un job à la hauteur de ses maigres compétences. Nettoyer les tables et laver les verres, par exemple, enfermée à l'arrière avec lui, le vieux grognon. Il sait le pouvoir d'attraction d'une jolie fille pas farouche et cette loi immuable, elle dépasse sa volonté de se dégoter une employée zélée, moins dans la lune que la fille du maire. « Mais oui, bien sûr qu'elle va revenir. Elle a besoin de temps, c'est tout. » énonce Daisy comme si ça coulait de source, le sourire au creux des lèvres et une petite tape amicale claquée sur la main du pauvre amoureux. Quelle idée. Non, vraiment, quelle idée stupide de lui demander conseil à elle, l'éternelle célibataire. Elle a l'air de s'y connaître, peut-être ? Parce que la réponse est un grand non, un non rouge vif et en caractères gras. Daisy ne fait pas dans les relations, dans les couples, dans les étiquettes, elle a vécu quelques histoires à l'époque des premières fois, mais s'est toujours tenue à l'écart du torrent des sentiments. Elle préfère la mer, Dee, et calme de préférence. C'est la raison pour laquelle sa plus longue relation, c'est deux mois. Deux petits mois, deux mois minuscules sans oser appeler cette incartade ce qu'elle était : un couple, une relation d'adultes, entre adultes. Deux mois à son échelle, c'est important, presque une éternité même si aux yeux du monde c'est d'une brièveté ridicule. Ils n'ont pas tort parce que qui reste seulement deux mois avec son meilleur ami ? Un meilleur ami, ça vous connaît par coeur, ça devrait durer toute la vie parce que c'est censé être facile, sécurisant, joli. Mais non. Daisy, a elle juste pilé tout net, effrayée par tout, par rien, par la simple idée de ce qu'ils pourraient devenir. Le lovebird du jour renchérit mais elle n'écoute déjà plus, aussi volatile qu'un oiseau. Elle n'écoute plus car elle tend l'oreille vers le timbre féminin qui a prononcé son nom et qu'elle ne reconnaît pas, bien qu'il lui semble familier.

Daisy fait volte-face d'un geste souple, tout sourire, pour se retrouver nez-à-nez avec Grace ? L'incompréhension domine ses traits de poupée qui détaillent d'un oeil acéré le visage qui lui fait face, cherchant le moindre signe. Ça ne fait aucun foutu sens, que Grace parmi toutes vienne copiner au comptoir mais Daisy, comme souvent, elle élude. Elle conserve un sourire cordial malgré la détermination qui luit chez la jeune femme et se retient de rouler des billes façon Toby quand la princesse ordonne sa boisson sans aucune forme de politesse. Elle attend, languide, le merci de circonstance avant d’exécuter le ballet qu'elle connaît par coeur.  La bière remplie généreusement glisse sur le comptoir et s'interrompt, dans un instant frôlant le génie, pile sous les mots de Grace, qui lui propose de l'accompagner. Les yeux félins de Daisy s'autorisent un regard circonspect en direction de cette presque inconnue pourtant familière avant de secouer la tête. « Non c'est gentil mais je bosse. » élude-t-elle gracieusement, en montrant d'un signe de tête qui n'essaye même pas d'être discret le pauvre Noah au verre vide, un peu plus loin sur le comptoir. Noah, elle l'a déjà oublié pourtant mais Daisy n'est pas friande des situations dont elle pressent le caractère gênant. Elle aime se figurer comme un esprit libre et entêté qui n'en fait qu'à sa tête. Et sa tête, elle a beau se montrer parfois étourdie, elle sait reconnaître une situation épineuse quand elle en voit une. Grace et elle n'ont rien en commun, si ce n'est Toby. Elles n'ont jamais été proches, n'ont même ne serait-ce que jamais cherché à l'être et Daisy a rangé la jolie brune dans la case des inconciliables, ces rares personnes avec qui elle est incapable de s'entendre. Et loin du monde des adultes raisonnables qui lui file la chair de poule, elle préfère jouer à l'autruche, éluder, ignorer, danser autour de tout ce qui peut éventuellement poser problème au lieu d'affronter. Parce que la vie n'a pas à être compliquée, ce sont les humains qui se montrent trop torturés et Daisy, elle, est partisane de la désinvolture comme étendard, comme arme, comme bouclier aussi. Alors désolée Gracie, mais elle préfère prétendre récurer un comptoir pas même trop sale plutôt que de ramer à tes côtés à la recherche d'un sujet de conversation qui n'aura de toute façon pas l'air naturel et encore moins captivant. C'est ce qu'elle est en train de faire, Daisy, s'acharner sur une tâche invisible dans l'attente que Grace prenne le large, quand le fer de lance de ses mots vient mordre ses flancs. Elle se redresse prestement, plante ses opales sur le visage neutre qui lui fait face et hésite entre prétendre ne rien avoir entendu ou se marrer. Mais putain, de quoi elle se mêle ? C'est ça qui résonne en elle, dans un manque de clairvoyance absolu. Daisy, elle a l'impression d'être aveugle et de tâtonner désespérément à la recherche d'un appui, parce qu'elle ne comprend pas et ça lui file le vertige. Elle ne comprend pas ce que vient faire Grace dans cette confusion des sentiments qui la dépasse, dans cette équation insoluble à laquelle elle ne pige déjà rien. Daisy, elle pèse ses mots, elle ne répond pas tout de suite. Elle encaisse la violence du choc et cherche à sauver ses pensées confuses de son désengagement total supposé les noyer. « C'est une plaisanterie, c'est ça ? » tente-t-elle dans un simulacre de sourire qui flanche. Daisy sonde les iris indolentes de Grace et réalise que non, cette fille qu'elle connaît un peu vient juger sa vie et ses amis dans son bar sans aucune pression. C'est dingue. C'est dingue et elle disparaît une seconde derrière le comptoir pour se servir un verre de la réserve spéciale du vieux Mo. Un excellent bourbon, assez fort pour dissoudre n'importe quoi et, Daisy l'espère, la présence de la trouble-fête qui lui fait face. « Ecoute, je serais ravie de parler de tout ça avec toi, mais je ne vois pas en quoi ça te regarde. » souffle Daisy qui se relève et pose brutalement son verre sur le comptoir, face à Grace. Elle la sonde de ses prunelles détachées, un sourcil haussé en guise d'interrogation, en signe d'agacement aussi sans doute. Elle est cool, Daisy, elle est gentille, facile à vivre, facile tout court. Mais elle ne supporte pas qu'on porte des jugements, sur elle comme sur les autres. Ça lui rappelle son enfance et ses parents, son adolescence et les adultes qui ne comprenaient rien à rien et toutes ces petites commères déplorables, aujourd'hui comme hier. Daisy, elle part du postulat que le monde entier se porterait bien mieux s'il cessait d'épier son voisin, de l'envier, de le jalouser, de juger ses actes pour en déterminer sa valeur sociale, morale et tout le reste. Parce que ça ne sert à rien, si chacun utilisait son énergie à médire pour s'améliorer, pour produire quelque chose, il y aurait certainement des génies à chaque coin de rue. « Pourtant ça y ressemble. » La sobriété de son ton est exemplaire alors qu'elle plonge les lèvres dans le whisky qui ne tardera pas à lui brûler la trachée. Grace, elle ressemble à ces personnes qui prétendent ne pas vouloir t'offenser mais t'offensent juste après, comme si le simple fait de préciser qu'ils ne te voulaient pas de mal les autorisaient à balancer quelque chose d'outrageusement blessant tout en s'en lavant les mains. Et Daisy n'est pas peut-être pas la nana la plus brillante du coin (normal, c'est sa soeur) mais elle n'est pas dupe. « Et même si tu voulais m'offrir une précieuse leçon de morale, ça ne fonctionnerait pas. » Pourquoi ? Parce qu'elle s'en fiche, déjà. Elle qui n'écoute que d'une oreille distraite les conseils de ceux qu'elle aime le plus au monde n'a certainement pas la grandeur d'âme nécessaire pour prêter attention à d'autres. Et puis Gracie semble oublier un point essentiel, que Daisy balance sans animosité, mais sans chaleur. Elle n'attaque jamais, Dee, jamais. Mais elle sait se ranger derrière une ligne de front défensive et rester sur ses gardes. Parce qu'on n'attaque pas ses amis. On ne les touche pas, jamais. Point final, présent de vérité générale et tutti quanti. « Ces (elle mime des guillemets) manières, tu ne les connais pas. Tu ne nous connais pas, tu peux nous juger de loin si ça t'amuse mais tu te planteras forcément parce que tu oublies le plus important : on s'aime. On s'aime plus que tout, chacun a notre façon, parfois maladroitement. On peut s'engueuler, se déchirer, mais l'essentiel c'est que ça fait presque 25 ans que ça dure et on est toujours debout. On se connaît par coeur et on s'accepte exactement comme on est. Je crois que vous êtes pas nombreux à pouvoir en dire autant. » Et son timbre façon caramel tendre n'enlève rien à la portée de ses paroles de mère louve. C'est eux contre Grace, eux contre le reste du monde comme ça l'a toujours été et si quelqu'un attaque l'un d'entre eux, alors il les a tous attaqués. Parce qu'ils fonctionnent comme ça, comme les cinq doigts d'une seule main, différents mais complémentaires. Grace n'aurait pas pu appuyer sur un point plus sensible chez Daisy. Ses plus proches amis. Elle élude même la fin de ses explications, pour mieux l'imiter et noyer sa flamme dans la boisson. Elle n'a même pas de raison. Alors c'est quoi, son problème ?
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MessageSujet: Re: it's better to offer no excuse than a bad one. (daisy)   Mer 14 Déc - 16:49

Evidemment que Daisy n'allait pas bien le prendre. Grace ne pouvait pas lui en vouloir après tout, tant elle venait s'imposer dans sa bulle de confort sans chercher à savoir si ça lui plaisait ou non. Elle n'avait jamais été connue pour son tempérament d'emmerdeuse, Grace, pourtant son obstination à suivre le bout de la pensée faisait d'elle quelqu'un de particulièrement difficile à faire changer d'avis, la rendant ainsi quasi impossible à envoyer balader tant qu'elle n'avait pas elle-même décidé de se retirer. Quand Daisy refuse de se servir un verre avec une politesse indéniablement feinte, Grace hoche légèrement la tête d'un air entendu et vaguement amusé. Ca ne fait que lui donner un bref aperçu de ce que prévoit la suite de la conversation - ce qui ne la décourage pas pour autant. Elle tâche de ne pas trop tarder à offrir un merci en retour de sa bière, pas dupe face au sourire lumineux que lui adresse machinalement Daisy mais qui ne dissimule, à ses yeux, pas moins qu'un rictus agacé. Grace quant à elle ne se défait pas de sa mine tranquille et de son regard vif qui ne rate pas une miette des gestes de son interlocutrice. Occupée à tout sauf à lui accorder trop d'attention, Daisy semble retarder l'échéance avant de répondre, enfin, au conflit que vient de lancer délibérément la jeune femme. « Mon humour n'est pas douteux à ce point. Alors, non, ce n'est pas une blague. » que Grace réplique avec une certaine fermeté, désireuse de lui faire comprendre avec clarté qu'elle n'est pas non plus venue perdre son temps. Quand bien même la tâche s'avérerait plus difficile que prévue, elle disposait toujours de son plan B - ou plutôt son plan A d'origine, avant que son regard ne se pose sur la chevelure brune de Daisy - à savoir retrouver ses précieux amis autour d'une bière. Pourtant, et ce malgré la très nette animosité palpable entre les deux jeunes femmes, Grace n'avait toujours pas changé d'avis et restait fermement déterminée à siroter son verre sur son tabouret de bar. Elle est alors piquée à vif, Daisy. La colère se fait plus présente et elle semble chercher un maigre réconfort dans un alcool - qui, au vu de son expression, n'est sûrement pas de la bière - qu'elle avait refusé à peine quelques instants plus tôt. L'hypocrisie a enfin quitté le navire, ne laissant derrière elle qu'une sécheresse brute. « Crois-moi, je ne demande rien d'autre que de rester aussi loin que possible de vos histoires. » Vérité pure et simple, avouée sur un ton proche du soulagement. Comme si Grace s'estimait heureuse de ne pas se réveiller chaque jour avec la culpabilité que semblaient porter chacun d'eux sur la conscience. Parce qu'à défaut de l'apprécier, Daisy était bien forcée de reconnaître une chose : leur relation n'avait rien de féérique. « Par contre, je n'ai pas l'intention d'en faire autant avec Toby, ce qui nous amène inévitablement à... Toi. » conclut-elle en pointant vers elle un index désinvolte, avant de s'autoriser une nouvelle gorgée de bière. Fantasme plus vieux que le monde, deux femmes se battant pour le même homme. Pourtant, malgré les apparences, Grace n'est pas là ce soir pour défendre les intérêts de Toby : c'est qu'il est bien assez grand pour se défendre tout seul. Mais avec la place qu'elles occupaient toutes les deux dans sa vie, il était devenu compliqué pour Grace de garder plus longtemps pour elle ses ressentiments envers Daisy. Elle retient un bref rire devant le très visible agacement qu'elle attise chez la barmaid et se contente de laisser s'étirer un mince sourire au coin de ses lèvres rosées. C'est qu'elle n'a pas l'intention de lui manquer de respect non plus : après tout c'est elle qui campe le rôle du démon ce soir, et il ne tenait qu'à elle de montrer qu'elle n'en avait pas entièrement les couleurs. Daisy tente de nouveau de l'envoyer balader en proclamant qu'une leçon de morale n'aurait de toute façon aucun effet sur elle. « Heureusement que ce n'en est pas une, alors. » fait-elle doucement remarquer, un brin de sarcasme dans la voix. Pas certain qu'elle apprécie son humour délicat, la Donovan, mais c'était là une inquiétude qui ne l'avait pas même effleurée. Elle écoute patiemment le monologue que lui offre Daisy en guise de réponse. Si ses mots se veulent poignants et explicites, ce n'est pas ce qui retient le plus son attention, à Grace. Ce qui la frappe, c'est le souffle soudain court de Daisy, le feu qui brûle dans ses prunelles et l'air de défi qu'elle y perçoit. Comme si elle ne tâchait pas seulement de lui faire entendre raison à elle, mais aussi au reste du monde. Grace lui fait don d'un silence respectueux en s'octroyant une autre gorgée, pas décidée à rendre les armes pour autant. « Qui cherches-tu à convaincre, exactement ? Toi ou moi ? » souffle-t-elle, son masque de neutralité de retour sur ses traits. Maigre provocation qu'elle juge de mise face à tant d'effervescence. Parce que tout ceci a beau sembler merveilleux, elle n'est pas dupe et sait parfaitement bien que l'ambiance n'est pas au beau fixe entre eux, et que malgré leur amitié si forte, Grace ne croit pas qu'il existe vraiment des choses indestructibles dans ce monde. Elle accueille la dernière remarque de Daisy avec un haussement de sourcils, trouvant une certaine ironie à la voir ainsi s'attaquer à elle en brandissant sa connaissance absolue d'elle et des autres. « A croire que je suis contagieuse. Regardez donc qui se met à juger, maintenant. » Parce qu'elle a beau tenter de l'attaquer en réponse à son avis sans filtre, Daisy ne s'appuie sur rien de solide. C'est d'ailleurs l'exacte raison pour laquelle Grace est encore si sereine, et Daisy en train de s'embraser dans un verre de whisky.
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MessageSujet: Re: it's better to offer no excuse than a bad one. (daisy)   Ven 13 Jan - 12:51

Daisy, elle aime à se figurer la vie comme une pièce de théâtre, et la scénette qui se joue devant elle, la prenant à partie alors qu'elle rêverait de danser autour des ennuis, de demeurer spectatrice de l'odeur de soufre qui s'annonce pour accompagner un conflit, c'est un vaudeville ridicule. Et elle, ce qu'elle préfère, c'est la beauté absolue de la tragédie, la fatalité qui colle à la peau et ne te laisse jamais t'enfuir, même si t'aimerais. Alors ouais, ce n'est peut-être pas une plaisanterie mais pourtant, ça lui semble l'explication la plus cohérente pour expliquer la présence de Grace face à elle, à la sobriété inquiétante, qui balance des inepties l'air de rien. Sans. Raison. « Ça y ressemble pourtant. » note à nouveau Daisy dans un effet-miroir de son timbre fait pour s'envoler mais qui reste cloué au sol, les pieds englués dans du pétrole. Y a aucune agressivité dans son timbre, vraiment, aucune, mais il manque de chaleur, une chaleur qui luit toujours en elle et enrobe le moindre de ses mots d'une rondeur agréable qui la rend immédiatement sympathique. Seulement Daisy, elle n'a jamais cherché l'affection de Grace. Jamais. Au début, c'était innocent, bien sûr : elle était la copine du moment de Toby et elle savait, pertinemment, que ce titre honorifique se révélait éphémère. Et elle essayait, au début, de devenir aussi leur copine, tant par amour pour lui que par crainte de disparaître au second plan, derrière le rideau, loin de Toby qui lui était (et est, encore et toujours) aussi essentiel que l'oxygène qu'elle respire. Mais c'est épuisant, d'essayer de se faire aimer. Dee le sait car elle ne produit généralement jamais cet effort. Si elle n'est jamais aussi jolie que lorsqu'elle n'essaye pas de séduire, de charmer avec ses mimiques de nymphette même à vingt-sept piges bien tassées, il en va de même avec le reste : naturellement, elle est aimable, facile à vivre et à aimer. Mais lorsqu'elle essaye très fort, le charme se rompt et ses mots, ses gestes, deviennent superflus, pénibles. Alors elle a rendu les armes. Mais contrairement à toutes celles qui l'ont précédée et suivie, Grace est restée. Elle s'est lovée dans un recoin du palpitant de Toby, un musée, une cathédrale, un sanctuaire sacré qui n'appartient pourtant qu'à eux, le club des cinq. Et Daisy, elle a dû faire de la place, bien que ça lui déplaise. Elle l'a fait, elle a replié ses genoux contre sa poitrine et a regardé Gracie s'installer, avec sa beauté onirique, singulière et une maturité tranquille, sereine, qui ne sera jamais sienne. A partir de ce jour, elle a su qu'elle ne ferait jamais d'efforts. Parce qu'elles sont trop différentes, certes, mais aussi parce que cette fille, elle est la seule à l'effrayer. Pas au sens propre, bien sûr, mais elle porte en elle, sur elle, la faculté d'éloigner Toby pour de bon et Daisy l'a toujours ressenti au plus profond de ses tripes qui parfois se soulèvent sans raison, quand Grace sourit d'une façon magnétique, quand elle évolue avec la grâce d'une ballerine, quand elle effleure son épiderme dans un geste d'une tendresse ineffable. Amicale. Qui fait mal. Elle déteste la possessivité, Daisy, elle devient dingue lorsqu'on essaye de la glisser dans une cage, dans un carcan, quand on songe à se l'approprier comme une chose alors qu'elle n'appartient à personne. Elle se donne, facilement, elle donne tout, oui, mais pas ses proches. Alors quand Grace prétend vouloir rester loin d'eux, de leurs prétendues manières qui semblent tant la révulser, et bien Daisy esquisse un demi-sourire, las mais baigné d'un sarcasme tranquille. « Te gêne pas, surtout. » Ses opales immenses rétrécissent un peu lorsqu'elles viennent se darder sur Grace, parce que Daisy ne pige toujours pas. Elle ne veut pas la juger, mais le fait. Elle veut rester loin d'eux avec ses exclamations presque soulagées, et pourtant elle est là, plantée devant elle. Et puis la réponse tombe, comme un couperet. Toby. Evidemment. La simple évocation de ce prénom entre ses pulpeuses, à elle, suffit à picorer sa colonne vertébrale d'aiguilles désagréables et Daisy cherche à se raccrocher à la silhouette de Noah, dans une tentative silencieuse de se dérober à cette conversation dont elle ne veut pas. Ça ne peut pas bien se passer. C'est évident. Et Daisy, elle sait pas prendre les armes. Elle le fait lorsqu'il le faut, quand elle se retrouve acculée et encore la majeure partie du temps, elle préfère tendre sa nuque gracile et attendre le coup de grâce telle une Iphigénie sacrificielle. Parce qu'elle ne sait pas attaquer. Elle, elle se défend seulement, mollement : Dee n'a pas été sculptée pour les conflits. Mais cet imbécile de Noah ne voit rien, n'entend rien, il est occupé à draguer Mallory avec l'aisance d'un blaireau et elle est à deux doigts de rouler des billes, de se racler la gorge ou de lui arracher son verre vide des doigts pour le remplir, qu'il le veuille ou non. Putain.

Plus d'échappatoire, la voilà forcée à entreprendre ce qu'elle exècre le plus : prendre les armes, ses pauvres armes en plastique à moitié fondu, incapables d'écharper quiconque, sauf elle-même. Daisy, elle est meilleure dans les rires mélodieux, les boutades inconséquentes et les conneries par milliers. Mais c'est pas ce que cherche Grace. Elle, elle veut fouiller ses tripes et c'est hors de question. « Inévitablement, hm. » raille-t-elle, le sarcasme comme seul mécanique de défense. Daisy se perd dans une nouvelle gorgée de whisky pour taire l'inconfort qui brûle ses veines et irradie le long de ses phalanges, avant de poursuivre en s'accoudant sur le comptoir dans une vaine tentative de montrer combien rien ne l'émeut dans cet échange tendu mais cordial. « La dernière fois que j'ai vérifié, on était pourtant deux personnes différentes, avec des affinités distinctes, en-dehors de l'appart. » Dont Grace. Grace et son petit sourire en coin d'emmerdeuse qui se croit supérieure et l'est sans doute, à cet exercice. Daisy est mal armée contre les conflits, elle fuit, elle évite, elle élude, elle ferme les yeux très fort et demeure dans son petit monde parfait, inaltérable, où les amitiés sont éternelles et les amours éphémères. Où on peut donner et reprendre sans heurts, s'offrir et s'abandonner sans que jamais les sentiments doux, cotonneux, ne deviennent acides ou bercés d'amertume. Alors ce que Grace cherche, Dee ne veut pas lui offrir. Elle refuse d'évoquer Toby avec elle parce que c'est son meilleur ami, c'est leur histoire et cette fille n'a pas le droit de lui arracher ça aussi. Grace s'amuse comme un chat paresseux avec une proie qui n'aurait manifestement pas vraiment envie de jouer et Daisy sent les nerfs grimper lentement mais sûrement en elle parce que c'est le propre des personnalités évitantes. Si elles refusent à entrer dans les danses, ce n'est pas qu'elles en sont incapables, c'est qu'elles craignent le volcan endormi qui gronde en elle et qui ne demande qu'à entrer en éruption. Une explosion tant retenue qu'elle causera, irrémédiablement, des dégâts irréversibles. Daisy fait doucement illusion, elle répond aux sourires de Grace par des mimétismes du bout de ses lèvres rosées et ses traits naturellement doux font le reste. Ils sont moins crispés que ses doigts autour du verre, que les muscles de ses bras, de ses jambes, que son dos noueux que même un massage prodigué par Toby (ses préférés) ne saurait délier. Mais ça ne suffit pas, parce que Grace refuse d'entendre. Elle balaye sa tirade du fond de son coeur avec un calme olympien, presque alarmant et Daisy s'embrase. Les amis, c'est son sujet tabou. Pour eux, elle serait prête à tout et c'est malheureusement dans le pire qu'elle se révèle la meilleure. Un pire jamais désiré, qui naît de l'égoïsme aveugle de ses veines et de la désinvolture de ses désirs. Non, elle ne cherche pas à la convaincre ou à se convaincre, c'est un constat dévot qui vient des tréfonds de son âme, marquée à l'encre indélébile de chacun de leurs noms depuis presque trente piges. « Personne. » siffle Dee, dont les prunelles flamboient alors qu'elle fixe le masque indolent qu'affiche Grace, si détachée. « Je le sais au plus profond de mes tripes, c'est tout, mais manifestement tu n'es pas en mesure de comprendre ce que tu ne vis pas. » Y a quelque secondes, c'était pas un jugement n'en déplaise à la brune. C'est pas un jugement de dire je crois pas, ce n'est pas un reproche déguisé mais Daisy elle se fiche des questions de sémantique et elle laisse couler parce que là, maintenant, tout de suite, elle la juge. Pour de vrai. Elle pense que Grace est douloureusement détachée, froide, trop cynique (ou serait-ce de la lucidité ?) pour comprendre que l'amitié qui les lie toujours depuis, elle est au-dessus de tout. Du soleil, du ciel et des étoiles, de l'univers entier, au-dessus des sentiments amoureux les plus transcendants, au-dessus du théâtre qu'elle aime tant, plus précieuse encore que l'eau ou l'oxygène qu'elle respire et que putain, un tel trésor qui dépasse l'entendement, il peut mettre à mal tous les pronostics et défier jusqu'à l'éternité. Et que quelqu'un, n'importe qui, entende remettre ça en question, venir critiquer leurs manières et peu importe quoi, ça la rend dingue. Alors Dee, elle embrasse enfin cette colère à l'intérieur qu'elle mure si souvent dans les abysses de ses entrailles. Elle repousse d'une pichenette ce verre devant elle qui n'a fait que rallumer les braises et soupire doucement, les poumons comprimés, douloureux, pour mieux monter sur le ring. Ses opales viennent rejoindre celles de Grace et elle cesse de frôler le problème sans oser l'attraper et le déchiqueter en morceaux. « Bon, écoute, ce n'est agréable pour personne alors autant accélérer le processus. Qu'est-ce que tu veux vraiment Grace ? » Daisy demande ça le plus naturellement possible, comme si elle prenait sa commande alors qu'elle a beau fixer ses traits aussi scrupuleusement que s'il s'agissait d'une toile, ça lui échappe. Complètement. « Si tu es seulement venue critiquer les manières de mes amis je t'invite très cordialement à interrompre cette conversation qui ne mènera jamais à rien. Je les aime et je supporterai pas de t'entendre disséquer nos faits et gestes comme si t'avais une foutue idée de ce que tu racontais. » Parce qu'elle n'en a aucune. Elle n'est ni dans leurs têtes et encore moins dans leurs coeurs et si même Daisy, qui côtoie ce beau monde au quotidien n'a rien vu venir de cet hiver nucléaire, ce n'est pas une étrangère à leur dynamique qui saura démêler tout ça. Et puis elle n'a rien à se reprocher. Elle n'a rien démarré, elle n'a rien fait pour de mauvaises raisons et si elle accepte la rancoeur de Toby ou celle d'Iggy, c'est de plus en plus difficile. Putain, elle n'a pas couché avec Toby pour blesser Lewis, elle n'a pas fait l'amour avec Iggy pour se faire mal, à elle, et enfin, n'a pas baisé avec elle-même dans une envie de vengeance mal assumée. Daisy n'a rien vu, sur le coup. Comme toujours. Parce qu'elle, elle suit ses impulsions bienveillantes, elle pense jamais à mal et jamais, ô grand jamais, elle n'utilisera le sexe pour blesser. Bien sûr, que ça a blessé. Bien sûr, qu'elle mérite l'opprobre des victimes de sa philosophie facile, faite d'amour entre ses reins et d'éthéré au petit matin. Mais Daisy, elle a seulement voulu les faire or entre ses doigts. Pas les tacher de pourpre. Après tout, ils étaient tous célibataires et consentants, liés par un amour indéfectible. Consciente de la dureté de ses mots, bien que son timbre les enrobe, elle poursuit, cherchant sur les traits précieux de Grace un soupçon de vérité. « Et si c'est en rapport à Toby, j'imagine que Ryder serait un meilleur interlocuteur que moi pour arrondir les angles. » Déjà, parce que c'est ce qu'il fait, Ryder. C'est celui qui ne lance jamais des bombes mais qui tombe quand même en lambeaux à cause des dommages collatéraux. Mais c'est surtout celui qui panse les plaies, qui apaise, l'éternel médiateur, celui de la raison qui sait si bien taire les discordes et étreindre. Entre ses bras, c'est la douceur d'un nuage, l'odeur d'une pluie d'été et cette sensation grisante d'être à la maison. Daisy, elle ne sait pas faire ça, elle n'a pas son don et ses phalanges guérisseuses bien qu'elle s'y essaye, toujours. Mais ses idées impliquent des flammes censées réchauffer qui se muent toujours en incendie dévorant. « Ca fait deux mois qu'il ne me parle plus. » Voilà, c'est dit. C'est lancé de son timbre qui tremble un peu, comme si elle oscillait sur sa corde de funambule, prête à la chute. Parce que ça lui fait mal, évidemment, et Daisy ne cherche pas à le cacher. Ni au principal intéressé qui l'évite et se borne à des banalités affligeantes et encore moins à elle-même ou à Grace, qu'elle persiste à fixer sans détour de ses yeux félins où toute trace de défi s'est estompée. Ne reste que les embruns d'une rage qui pourrait cramer le monde pour protéger ses amis et une forme de dénuement étrange. Dee, elle ne se cache plus.
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